Ce n’est plus comme à la maternelle

Être entouré de gens c’est une chose. Se sentir proche de quelqu’un c’est autre chose.

Quand on décide de « tout quitter » pour aller vivre dans une autre région, il faut être fonceur et ça demande un certain courage. Ici quand je dis « tout quitter », ce que je veux dire c’est qu’on arrive dans une ville qui est dans une région située à une centaine de kilomètres de notre lieu de départ. Dans cette nouvelle ville, souvent on n’y connait personne et on n’y a pas de famille. C’est comme repartir ta vie à zéro. Avoir un nouveau travail, trouver un logement, te faire des nouveaux amis et trouver tes points de repère. Figurez-vous que tout ça, c’est du travail. Ça ne se fait pas tout seul.

L’autre jour, une nouvelle amie me demande à ce qu’on se fasse une rencontre express. Je dis nouvelle amie, parce qu’elle est une nouvelle arrivante d’à peine quelques semaines.

Je l’ai accueillie avec un morceau de tarte aux pommes et un thé chaud, parce qu’une rencontre express nécessite souvent du réconfort. On s’est assises, bien emmitouflées, et je l’ai écoutée me parler de son mal du pays. Parce qu’au fond, c’était ça qu’elle avait, un mal du pays. Se sentir dépassée par les événements, être envahie d’émotions contradictoires, vouloir avancer dans la nouveauté, en emportant quand même son vieux bagage.

Ce que j’ai compris, et que j’avais peut-être oublié, c’est que même si elle pouvait compter sur ses amis et sur sa famille pour la soutenir, elle avait aussi besoin de gens qui comprendraient sa nouvelle réalité, mais qui accepteraient son vieux bagage, sans le juger. Bref, de nouvelles personnes de confiance vers qui se tourner quand on a les bleus, ou quand on est simplement heureux, de nouveaux amis.

On en est venues à la conclusion qu’il y a une différence entre être entouré de plusieurs personnes et avoir des amis plus proches. Il faut les deux, mais le deuxième aspect est plus long à atteindre. Et on l’oublie parfois. Parce que des amitiés, ça ne se crée pas tous les jours et c’est un peu plus complexe à l’approche de la trentaine qu’à la maternelle.

Certes, ça ne se passe pas de la même façon pour tout le monde. Et loin de moi l’idée de me présenter en tant que l’amie de tous les nouveaux arrivants. Mais je pense que l’ouverture aux nouvelles opportunités peut apporter de belles choses. Et je me dis que quand elle cogne à la porte pour venir souper ou squatter mon divan, ou qu’on se texte pour se dire rien d’important, y a peut-être le deuxième aspect qui se développe, lentement mais sûrement…

Merci à Émilie T. Hamon pour la belle collaboration à cet article.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s